La salle de bal resplendissait sous les lustres en cristal. Les invités, vêtus de robes de soirée et de smokings impeccables, échangeaient des sourires autour des tables dressées avec élégance. Au centre de la pièce, le maître des lieux accueillait chacun avec une politesse irréprochable.
— Bienvenue…
Il serrait des mains, remerciait les convives et semblait parfaitement maître de la soirée.
Quelques instants plus tard, une femme vêtue d’une robe noire s’approcha de lui. Son visage était calme, presque impassible.
— Tout le monde est arrivé.
L’homme hocha la tête, satisfait.
Il s’apprêtait à rejoindre l’estrade lorsqu’un bruit métallique résonna dans toute la salle.
Clac.
Les immenses portes d’entrée venaient de se verrouiller automatiquement.
Les conversations s’interrompirent.
L’homme se retourna brusquement.
— Qu’est-ce que… ?
La femme resta immobile.
Elle le regarda droit dans les yeux.
— Cette fois… c’est vous qui êtes piégé.
Un silence pesant tomba sur les invités.
L’homme tenta d’ouvrir les portes.
Rien.
Il essaya une seconde fois.
Toujours rien.
La femme fit un pas en avant.
— Personne ne sortira… avant la vérité.
Le visage de l’homme se crispa.
— Vous êtes folle ?
Elle secoua lentement la tête.
Puis elle leva une petite télécommande.
Les immenses écrans prévus pour diffuser les photos de la soirée s’allumèrent.
Mais au lieu des images de gala, une vidéo de surveillance apparut.
On y voyait l’homme, trois ans plus tôt, signer discrètement des documents avant l’incendie qui avait coûté la vie à plusieurs associés.
Les invités cessèrent de respirer.
L’un des hommes présents murmura :
— Je croyais que c’était un accident…
La femme regarda une dernière fois l’organisateur.
— C’est exactement ce que vous vouliez que tout le monde croie.
À cet instant, les portes se rouvrirent.
Des enquêteurs entrèrent dans la salle avec un mandat d’arrêt.
L’homme comprit alors que cette réception n’avait jamais été organisée pour célébrer son succès…
Elle avait été organisée pour réunir tous les témoins de sa chute.